La protection de la vie privée dans les villes intelligentes

Apr 27 2018

Si vous faites partie de la faune urbaine d’une ville intelligente, vous côtoyez sans doute de nouveaux arrivants : des capteurs de données.

Une ville intelligente, c’est une collectivité qui recourt à des technologies connectées pour recueillir et analyser des données en vue d’améliorer les services à la population. Il peut s’agir, par exemple, de capteurs qui réduisent l’intensité des réverbères en l’absence de piétons ou de voitures afin d’économiser l’énergie, ou d’une appli de stationnement qui affiche une carte des places libres dans le voisinage.

Les projets de ville intelligente recèlent des possibilités qui semblent infinies, mais ils nécessitent des mesures solides de protection de la vie privée. Voilà le message que notre bureau et des organismes de protection de la vie privée de l’ensemble du pays ont fait parvenir récemment au ministre responsable du Défi des villes intelligentes du gouvernement du Canada. Dans le cadre de cette initiative, des collectivités de l’ensemble du pays sont invitées à proposer des projets de ville intelligente afin d’obtenir des fonds pour les réaliser.

Voilà qui est fort intéressant; il importe toutefois de ne pas trop s’emballer. La prise de décisions fondées sur des données probantes nous promet bien des progrès, mais il ne faut pas reléguer au second plan le droit à la vie privée. Les technologies de ville intelligente peuvent recueillir, utiliser et produire de grandes quantités de données. Faute de précautions efficaces, ces données pourraient comprendre des renseignements personnels délicats. Ces renseignements pourraient être employés pour faire le suivi des gens qui se livrent à leurs activités quotidiennes, ou se retrouver entre les mains d’individus sans scrupules à la suite d’une cyberattaque.

Notre lettre visait à entamer un dialogue avec le cabinet du ministre sur les risques pour la vie privée des initiatives de ville intelligente et à le sensibiliser aux mesures à prendre pour atténuer ces risques. Nous voulons également nous assurer que seules les propositions de ville intelligente qui seront réalisées dans le respect de la vie privée reçoivent une aide financière. Pour ce faire, les bureaux de l’accès à l’information et de la protection de la vie privée du Canada ont également proposé de contribuer à l’élaboration de critères de sélection et d’évaluation des propositions concernant cet aspect.

Certaines municipalités ont déjà commencé à implanter des technologies de ville intelligente; il faut donc faire preuve de leadership pour protéger le droit à la vie privée. Notre bureau continuera de s’occuper de cette question très importante au cours des mois qui viennent.

 

Brian Beamish

Commissaire à l’information et à la protection de la vie privée de l’Ontario

 

Autres ressources

Les villes intelligentes et le droit à la vie privée